Retour au Bargello

L’autre jour une de mes élèves m’a dit qu’elle voulait faire un quilt en noir et blanc. Mais comme elle aime sortir des sentiers battus elle voudrait un motif différent quoique pas trop difficile à réaliser et  elle compte sur moi pour trouver une idée!

J’ai donc commencé à regarder des images en espérant y trouver l’inspiration et je suis tombée sur une série de Bargellos. Le Bargello est une technique relativement simple puisqu’il s’agit d’une variante du travail par bandes de type séminole. Il y a de ça 25 ou 30 ans il a fait fureur. On en voyait partout mais comme la passacaglia il y a quelques années il a fini par être victime de son propre succès et est tombé dans l’oubli.

C’est dommage parce qu’il permet de faire assez rapidement – tout se fait à la machine- des quilts spectaculaires et d’aspect très contemporain.  Et si on veut utiliser simplement sa capacité de créer des ondulations ou des effets de dégradés, on peut aussi l’utiliser comme fond pour des appliqués.

 

La seule difficulté réelle est dans le choix des couleurs!

Je vous montre quelques exemples allant du simple vers le compliqué

Même la variation la plus simple a un impact visuel étonnant.

Plus difficile, on se lance dans les courbes

On part maintenant dans les entrelacs

Naturellement  plus les entrelacs sont élaborés, plus la planification du quilt sera difficile.

Heureusement il existe quelques bons livres pour vous aider. Je vous  en montre un, il y en a d’autres

 

Envie de fuir?

Toutes ces histoires de confinement, masques etc  me donnent une seule envie: fuir, fuir loin de toute cette incohérence, de toutes ces contraintes.
J’ai donc commencé à rêver d’espace et de liberté. Et où est-on plus libre que sur un bateau au milieu de l’océan. Bon vous me direz il y a des tempêtes etc. Oui mais c’est  la nature qui parle, pas un paltoquet de fonctionnaire en mal de paperasse qui éprouve le besoin d’ en ajouter à la montagne de paperasses qui existent déjà.

Je vous propose donc de vous évader avec moi. Vous préférerez peut être rester à terre, je vous ai donc prévu des modèles de bateau à réaliser dans la tranquillité de votre maison.

Voici quelques modèles simples et classiques si vous vous sentez d’humeur « paresseuse » ou que vous voulez aller vite.

Le dernier est amusant. L’effet de vague est obtenu grâce à un croquet géant de même nuance que la mer

Simples aussi des modèles exécutés en piéçage papier

j’ai beaucoup aimé le deuxième qui  réussit à créer un effet de courbe très vivant

Un peu plus compliqué avec une coque arrondie pour le voilier

Des modèles fantaisie comme

Un bateau de croisière

ou des bateaux en papier si vous n’avez sous la main que le bassin des Tuileries (ou d’ailleurs)

ou pourquoi pas un yatch

Quelques tableaux élaborés pour celles qui se sentent inspirées

Et si vous décidez d’aller voir s’il existe encore un monde nouveau à découvrir, je vous suggère le May Flower

Bon vent

 

Tournesols

Je déteste la monoculture et ce qu’elle fait à nos campagnes et à leurs sols  mais je ne sais pas rester insensible à la magnificence des tournesols en fleur. Plus tard dans la saison ce seront des tiges noires et desséchées mais ils commencent juste à s’ouvrir et ce matin ils se nourrissaient  avidement du soleil de Juillet.

Cette fleur spectaculaire a inspiré les quilteuses  et permet d’ensoleiller une maison grâce à ses jaunes et ses bruns.

Pour réaliser une fleur de tournesol vous pouvez utiliser toutes sortes de techniques:

Le très classique Drunkard path

Le Kaléïdoscope

 

Ce patron de « Crafty’s.com » utilise une technique secrète qui permet d’obtenir un effet de courbe sans couture

La même technique, une fois développée  permet de réaliser un panneau spectaculaire

Pétales en relief et yoyo  pour le centre, un quilt tout simple mais très mignon

 

Un fond élaboré à base de carrés sur lequel se détache une unique fleur en relief  par Suzanne Pöns

Une autre utilisation des carrés  sous forme de « timbres postes » pour le centre

Sunflower-Art-Quilt-Jen’s pattern

Et pur finir un quilt utilisant plusieurs techniques

Arkansas

L’Arkansas  fait partie des états du Sud des Etats Unis. Son nom lui a été donné par les indiens Osages et Sioux qui le peuplaient.

Les paysages y sont très divers: des montagnes comme les monts Ozark ou les Whichita Mountains, des forêts denses et aussi des plaines dans lesquelles on cultivait le coton (et maintenant le soja et le riz).

Comme tous les états des Etats Unis il a été célébré par des blocs spécifiques. L’un porte tout simplement son nom – Arkansas .

Deux autres présentent la fleur et l’oiseau qui sont les emblèmes de l’état. Le Mockingbird, oiseau moqueur…. un oiseau qui imite les chants d’autres espèces d’oiseaux. Le Dogwood ( une abréviation pour Flowering Dogwood)  qui est la fleur du cornouiller.

Les quilteuses connaissent davantage l’Arkansas à travers un bloc traditionnel appelé Arkansas Traveler le voyageur de l’Arkansas.

Il existe plusieurs variations de ce bloc.

La plus simple et la plus ancienne provient de la fameuse « Ladies Art Company ». C’est une variation sur le classique bloc  noeud de cravate ou bobine.

Une variante a été créée en divisant simplement les triangles colorés  en 2

Une autre variation plus sophistiquée existe.

Combinée avec d’autres blocs elle a permis à Tina Davis de créer un très beau quilt

 

Une autre variation plus compliquée existe. On a simplement coloré les triangles qui séparent  les losanges, ce qui donne au bloc un aspect différent.

Qui dit voyageur dit routes et qui dit routes dit croisements. Les quilteuses l’ont prévu et ont nommé ce bloc  » Arkansas Crossroads » et bien sûr elles l’ont utilisé pour leurs quilts.

Et le voyageur sera guidé par l’étoile du Kansas

Comme à l’évidence une des vocations de l’état est le déplacement on a voulu aider davantage encore les touristes à voyager à travers l’état et  à découvrir sa beauté. On a donc  créé un Arkansas Quilt Trail » ,chemin spécifique jalonné de quilts.

Bienvenue en Arkansas

Un nouveau livre

Celles d’entre vous qui me suivent depuis longtemps se sont peut être étonnées de ma disparition. C’est parce que j’ai passé les 6 derniers mois à écrire un nouveau livre. Cette fois il ne s’agit pas de patchwork ce qui a rendu ma tâche bien plus difficile. Il s’agit de chiens.

Depuis plusieurs années déjà je fais partie d’une association qui s’efforce de sauver les lévriers espagnols ,(les galgos) du sort terrible qui les attend souvent en Espagne. Cette association travaille avec plusieurs refuges espagnols qui récupèrent les chiens abandonnés et maltraités , essaient de les retaper avant de les proposer à l’adoption. Et comme beaucoup d’associations caritatives nous sommes toujours à court d’argent. Chaque année au printemps la fin de la saison de la chasse en Espagne entraîne abandons et massacres et les refuges sont débordés. la situation a empiré l’an dernier avec les inondations qui ont endommagé  les installations de nombreux refuges et détruit leurs réserves de médicaments et de croquettes. Et  nous commencions à peine à nous remettre de l’épreuve lorsque le coronavirus est arrivé. Impossible d’organiser les collectes de croquettes dans les magasins, impossible  d’envoyer couvertures ou médicaments en raison du confinement.

Comme la générosité des donateurs est constamment sollicitée par une cause ou une autre j’ai eu l’idée d’écrire un livre qui raconterait des histoires de sauvetage – il y en a des milliers et certaines sont très émouvantes-  les bénéfices recueillis devant aller à l’association.

Il m’a fallu des mois pour recueillir les histoires , les réécrire, les mettre en page . Et puis le problème de l’illustration s’est posé: celles qui m’avaient proposé leur aide n’ont pas pu le faire en raison du confinement et j’ai donc du me débrouiller seule.

Autant je me sens à l’aise avec des morceaux de tissu, je suis une experte en appliqué comme vous le savez toutes autant il est difficile pour moi  d’utiliser le fameux photoshop qui pourtant se contente de faire la même chose : on découpe les images on les superpose et on les colle. Facile à dire, mais j’ai passé des heures et des heures sur chaque dessin et ils ne sont pas tous aussi réussi que je l’aurais voulu.

J’ai même réussi à  inclure deux ou trois patch en décoration
Le livre coûte  30 euros port compris et les bénéfices seront intégralement  utilisés pour les chiens. Pour ne pas donner une partie du gain à un distributeur j’ai décidé d’envoyer le livre moi même à celles qui en feraient la demande. Envoyez moi un mail pour que je vous donne les infos nécessaires

Bonne année

Fin d’année chargée; succession de grippes et d’accidents à la maison.
Les chiens en particulier on été déchaînés. Comme ils m’ont empêchée de coudre et m’ont pourri la vie  je trouve juste  qu’ils se démènent un peu pour nous et que ce soit eux qui vous souhaitent une bonne année
Happy quilting à toutes

Les oiseaux de Noël

Ce qui me manque le plus en hiver ce sont les oiseaux. Bien sûr on en voit encore dans les champs, bien que l’agriculture intensive ait amené leur raréfaction, mais ceux qui restent sont souvent de tristes oiseaux noirs de type corbeau. Pourtant l’autre jour, un merle qui était venu frapper à ma fenêtre l’an dernier  m’a fait une nouvelle visite… Et faute de trouver des oiseaux dans le ciel, j’en ai recherché dans les quilts.

Et je suis tombée sur l’extraordinaire travail de Kathy Mc Neil. Ses paysages sont frémissants de vie et de sensibilité. Et pour Noël elle a créé un sampler d’oiseaux….  des oiseaux impressionnants de vie et de couleur appliqués sur un fond finement quilté et des branches mises en relief par un superbe travail de trapunto.

Je vous ajoute le détail de quelques blocs pour que vous puissiez les admirer à loisir


Elle a créé aussi de merveilleuses images de chevaux

Et pour finir sur une note plus chaude je vous invite  à patauger dans les eaux chaudes du sud  avec  les oiseaux de Beth Miller

Si vous n’êtes pas sûre de vos talents en matière d’appliquer vous pouvez essayer ce panneau … J’aimerais tant que nous ayons des cardinals  en France. Ce sont des oiseaux si gais avec leur plumage rouge

Joyeux Noël à toutes

Danny Amazonas

Danny Amazonas in front of Abyss( 330cm-176)
Photo by Alex Labry

Celles d’entre vous qui ont  été à Sainte Marie aux Mines en 2018 ont pu y découvrir l’extraordinaire artiste  qu’est Danny Amazonas.

Sa technique favorite- le collage de centaines de pièces de tissus très colorées  lui permet de réaliser d’incroyables tableaux. Il aime représenter des animaux, mais il fait aussi des portraits étonnants et il s’égare parfois dans le cosmos. La plupart de ses oeuvres sont très grandes pour un meilleur impact visuel et il se dégage de tout son travail une impression de joie et une vitalité communicative.

Roam Free – 280cm x 185cm

De Danny Amazonas on pourrait dire c’est le le « djinn aux mille yeux » du conte pour enfants car il faut une vue kaléidoscopique pour créer ce qu’il appelle le Patchwork Main Libre. Il est certain que comme tous les véritables artistes il voit des choses que nous ne voyons pas et nous communique cette vision à travers ses œuvres.

Une exposition récente de ses quilts au Texas Quilt Museum a stupéfié la plupart des visiteurs qui sous une forme ou sous une autre se sont demandés «comment fait-il ça?»

Au départ il a une incroyable collection de tissus de préférence le genre d’imprimé éclatant de Kaffe Fassett, Brandon Mably, Philip Jacobs, et Jenny Beyer.Car il a besoin d’avoir des centaines de tissus différents pour obtenir les effets qu’il désire.

Il raidit le tissu avec de l’amidon de pomme de terre puis , lorsqu’il est sec, le colle avec de l’adhésif double face. Il le coupe alors en bandes qu’il range par gamme de couleurs. Il dessine alors l’image d’après une photographie puis commence à découper les pièces minuscules qui seront collées sur un fond. Tous les tissus sont à bords vifs . Une fois qu’il a obtenu le résultat qu’il désire il fixe le tout avec un fil invisible et un point zigzag.
De près ses tableaux font « fouillis ». Mais lorsqu’on les voit de loin les couleurs s’organisent et l’effet est stupéfiant.

Amazonas Cat

Le quilt est arrivé assez tard dans la vie de Danny. Né à Taiwan, il déménage au Brésil avec ses parents lorsqu’il entre dans l’adolescence puis part à New York à la « School of Visual Arts ». Pendant des années il travaille comme décorateur floral avant de se tourner vers la mosaïque. Puis il retourne à Taiwan pour prendre soin de son père vieillissant et c’est là qu’il découvre le tissu auquel il applique sa connaissance de la mosaïque. Et c’est le tissu qui lui apportera un célébrité mondiale.

Stallion by Danny Amazonas

Gypsy Dancer Danny Amazonas

Who is that guy Danny Amazonas

Festivalaine 2019

Ce week end, comme tous les ans avait lieu à Labastide Rouairoux le festival de la Laine.

Il faisait un temps radieux, la température était douce et il était bien agréable de se promener dans le village et le square. Il y avait même  de beaux ânes robustes et amicaux et équipés d’une curieuse selle de bois, prêts à nous emmener .

L’exposition est moins populaire que la grande fête du 15 Août,- peut être du fait de la saison tardive-  et c’est bien dommage. Peu d’exposants, mais de bien jolies choses en laine mohair ou autre et surtout comme à l’accoutumée de vieux outils servant à filer et tisser ces laines qui ont fait la réputation de la région.  C’est toujours un bonheur pour moi de voir des lainages authentiques, en laine véritable, des chaussons de peau douillets, des châles, des écharpes, tous vêtements destinés à vraiment protéger du froid – ce qu’ils font bien plus efficacement que nos synthétiques.

Cette année en plus  il y avait une exposition temporaire destinée à mettre en valeur la collection Lescure. Ce Monsieur qui était l’âme de la « Moutonnerie » de Mazamet a collectionné toute sa vie tous les objets qui pouvaient célébrer la laine, outils ou même bibelots. Une partie de son immense collection a été rachetée par le musée qui va sans doute organiser une salle destinée à  les exposer.

C’est avec un peu de nostalgie que nous avons revu des outils qui avaient enchanté mon enfance! ces cardeuses « balancelles » que le tapissier amenait à la maison chaque année pour carder la laine qui rembourrait nos matelas, les beaux rouets et dévidoirs  de nos grands mères,  et jusqu’à ces bidons dans lesquels on collectait le lait lors de la traite du soir.


Quelques objets très amusants comme un jeu d’échec dont les pièces avaient été remplacées par des moutons déguisés en rois ou en tour – un jeu offert à son grand père par son petit fils… Car nous a-t-il dit, » nous cherchions toujours à lui faire des cadeaux en rapport avec la laine sa grande passion. »
Lorsque je  voit ces outils qui nous semblent si primitifs aujourd’hui je me sens toujours émerveillée: leur robustesse défiait le temps et c’est grâce à eux que pendant des siècles on a confectionné ces tissus d’une qualité inégalable  dont on vendait encore quelques rouleaux . Si toutes nos belles machines esclaves de l’informatique et de l’électricité tombaient en panne, nous aurions sans doute bien de la peine à nous en servir. Et pourtant!